Qu’est-ce que je gagne quand je perds?

En partenariat avec la Lettre des Juristes d’Affaires  OUTILS-LJA petit format

Depuis notre plus jeune âge, nous sommes confrontés à des pertes avec plus ou moins de conscience. Les psychanalystes expliquent cela très bien. La fusion avec la mère, la toute puissance de l’enfant, le fantasme des parents infaillibles, de l’amour absolu, de l’autre qui n’aimerait que nous, le choix de la nature de notre sexualité, de nos études, de notre travail, etc. Tout au long de nos vies personnelles et professionnelles, nous avons à faire des choix qui nous amènent inexorablement à renoncer à des options qui nous plaisent bien aussi. Ces renoncements sont vécus comme des pertes. Et ces pertes, qui sont néanmoins nécessaires à notre croissance, nous aurons à en vivre jusqu’à notre mort.

Au bureau, quand un collaborateur que nous avons formé devient autonome et commence à prendre des initiatives, nous avons alors à quitter cette phase de dépendance bien confortable qui nous permettait – entre autres choses – de garder aisément le contrôle sur le travail effectué.

Chaque fois que nous perdons quelque chose, nous entamons un processus de deuil. Parfois, il arrive que nous n’arrivions pas à sortir de notre tristesse. Nous avons du mal à accepter cette perte et à aller vers le cadeau caché et, au fond, à passer à autre chose. Ainsi, certains d’entre nous voient plus naturellement les aspects les plus sombres de la perte. Et quand les pertes s’accumulent, la tristesse et la déprime s’installent. Trop c’est trop.

Or, à chaque fois que nous perdons ici, nous gagnons là. Quand maman ne m’allaite plus je perds le confort de la symbiose mais je gagne en autonomie car je suis amené(e) à apprendre à me nourrir seul(e). Au bureau, je perds un « bon petit soldat » qui ne m’obéit plus au doigt et à l’œil mais je gagne un lieutenant qui va renforcer mon « armée ». Chaque perte donne naissance à un gain. Nous ne sommes pas toujours capables, et parfois nous n’en avons pas envie, de voir ce qu’il est au moment de la perte. C’est trop tôt. C’est souvent après avoir vécu ce temps de tristesse du deuil que nous sommes enfin capables de percevoir cette lumière.

C’est aussi un état d’esprit. Quand il ne s’agit pas de grandes pertes comme celle d’un être aimé par exemple mais d’un dossier ou d’un client, nous sommes invités à voir tout de suite ce qu’on a à y gagner malgré les apparences. Non pas pour masquer ou éviter de ressentir de la peine, mais pour la traverser avec plus de sérénité, l’accepter, la vivre en sachant qu’ainsi elle ne sera pas éternelle.

Ce qui importe c’est le regard que nous portons sur nos pertes dans un monde qui ne supporte pas l’échec. L’échec n’est pas là où l’on croit. Je vous invite à faire l’expérience d’être attentifs pendant 21 jours, à percevoir derrière chaque perte (un dossier, un collaborateur qui vous quitte, un client qui part chez le concurrent, etc.) ce qu’elle apporte en termes de gain : être plus vigilant concernant les besoins du client, être plus performant dans tel domaine de pratique, être plus à l’écoute de vos collaborateurs, etc.

Accepter ces événements « imparfaits » à nos yeux pour grandir et vieillir plus heureusement.

Pertes et gains sont indissociables.

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