Un leader efficace doit-il être nécessairement tyrannique ?

Le leadership : voilà un mot qui revient un peu partout depuis quelques mois. Dans les formations, les conversations, les questions des dirigeants, dans l’entreprise, les cabinets, les études, dans la Presse… Partout.

Chaque professionnel a potentiellement trois postures en lui plus ou moins développées : celle de l’expert, celle du manager et celle du leader. Au cours de notre vie professionnelle, nous musclons plus ou moins l’une ou l’autre, en fonction de nos personnalités, nos inclinations, notre âge, notre expérience, le milieu dans lequel nous évoluons, ce que nous demande l’entreprise ou la Société, et notre charisme.

Ce dont il est question ici concerne notre leadership : notre capacité à inspirer, à guider, à influencer nos équipes, nos followers peut-être, nos clients… Que devons-nous faire ? Qui devons-nous être pour être influents et efficaces ? Faut-il inspirer de la crainte ? Imposer de la distance ? Sembler intouchables, invincibles ? Ou devons-nous être davantage compatissants, chaleureux, et encourageants ? Laquelle des deux attitudes révèle notre haut potentiel de leader ? Faut-il alterner ?

Pour trouver une réponse qui vous convienne, il n’y a qu’à regarder qui vous suivez volontiers ! Regardez qui vous inspire ! Qui est votre héros dans la vraie vie ? Ou dans la fiction ? En qui avez-vous confiance ? Regardez qui vous avez comme modèle, comme repère et la réponse viendra très vite.

Parmi les qualités les plus reconnues en matière de leadership, nous retrouvons : la créativité, la curiosité, l’intuition, la capacité à déléguer, à communiquer, l’authenticité, l’empathie, l’honnêteté, l’humilité, l’écoute active, à inspirer, à donner à chacun de l’importance. Mais également la capacité à apprendre de ses échecs, la générosité, le sens de l’humour, une attitude positive et encourageante envers chacun, une capacité à se ressourcer, à s’isoler, à agir avec audace sans mettre en péril la structure.

Le leader est également un visionnaire qui met son pouvoir au service d’un objectif, d’une cause en s’aidant des ressources techniques et humaines dont elle dispose. Ce n’est pas quelqu’un qui exerce son pouvoir sur les hommes et les femmes qu’il ou elle dirige à son propre profit.

« Pourquoi tout le monde veut être leader aujourd’hui et non pas manager ? »

Le leadership demande des dons – dont certains sont innés – des talents quand le management demande aussi de la compétence et beaucoup de travail.

Le leader fait rêver. Il/elle emmène son public, ses employés, son équipe, son auditoire, ses clients vers un avenir haletant, vivant, excitant, perçu comme meilleur !

Paradoxalement un bon leader peut aussi être un manager épouvantable. C’est exceptionnel de voir une même personne développer de manière ajustée les trois enveloppes. Ces personnes-là ont fait un gros travail sur eux-mêmes. Ils sont curieux des autres. Ils aiment les autres. « Heureux l’élève qui dépasse le maître ». Encore plus heureux le maître qui est dépassé.

Oui, il est vrai que certains – dont le profil ne correspond pas à cette description – ont réalisé des choses importantes, parfois impressionnantes. Mais à quel prix ?

Le super leader est la personne qui guide, inspire et conduit sans que le coût – humain – soit trop onéreux pour lui-même et pour les autres. Son savoir-faire et son savoir-être ont enrichi son entourage.

On reconnaît un bon leader à ses résultats, à ses fruits.